Quand on s'interroge sur « le premier parfum de l'histoire », on imagine généralement un flacon ancien et une formule unique. Mais la réalité est plus intéressante : tout dépend de ce que l'on entend par « parfum ». Un encens rituel ? Une pommade aromatique ? Un liquide parfumé obtenu par distillation ?
D’après les sources dont nous disposons aujourd’hui, l’histoire fait état de deux « premières » très solides : Kyphi (Égypte) comme l’une des plus anciennes recettes documentées pour une préparation aromatique, et Tapputi-Bēlet-ekallim (Mésopotamie/Assyrie) comme le premier parfumeur dont le nom propre est enregistré sur des tablettes cunéiformes.
1) Que signifiait le mot « parfum » dans l’Antiquité ?
Aujourd'hui, le terme « parfum » désigne généralement un liquide alcoolisé aux notes définies (tête/cœur/fond). Dans l'Antiquité, les substances parfumées étaient principalement :
- Encens (pour les temples et les rituels) : fumée aromatique, résines et bois.
- Pommades et huiles : mélanges de graisses/huiles avec des plantes, des résines et des épices, appliqués sur la peau, les cheveux ou les vêtements.
- Arômes purifiants : pour les pièces, les vêtements, l'haleine et les cérémonies.
Le « premier parfum » n’était donc probablement pas un flacon : c’était une préparation aromatique à fonction rituelle, sociale et médicinale.
2) Kyphi (Kapet) : l'encens parfumé de l'Égypte antique (vers 1500 av. J.-C.)
Kyphi est l'un des candidats les plus sérieux lorsqu'on parle du « premier parfum dont la recette ancienne est documentée ». On trouve des références à sa formulation dans le papyrus Ebers , daté d'environ 1500 avant J.-C.
De quoi s'agissait-il exactement ? D'après les descriptions, il s'agissait d'un encens composé (et également d'une préparation aromatique à usage domestique/rituel) destiné à parfumer l'environnement, à purifier et même à donner une bonne odeur aux vêtements et à l'haleine.
Quelle pourrait être l'odeur de Kyphi ?
Imaginez un profil très ancien, de « niche » :
- Résineux (myrrhe, encens, mastic, pin... selon les variantes historiques).
- Épicé (cannelle et plantes aromatiques).
- Sucré foncé (miel, vin ou raisins secs dans les recettes plus récentes ; ils n'apparaissent pas toujours dans la recette la plus ancienne).
En langage moderne : résine ambrée , fumée élégante, douceur profonde et ambiance de temple antique.
3) Tapputi-Bēlet-ekallim : la première parfumeuse à porter son propre nom (vers le XIIIe siècle av. J.-C.)
Si ce que vous recherchez est « le premier parfum » compris comme la première formule associée à une personne réelle identifiable , alors la figure clé est Tapputi-Bēlet-ekallim , liée aux textes cunéiformes assyriens (tel que celui connu sous son numéro de publication KAR 220 ).
Ce qui importe ici, ce n'est pas seulement le nom, mais l'approche technique. Les sources modernes analysant ces tablettes décrivent des procédés de traitement des matières aromatiques et de préparation de concoctions, dans un contexte palatial spécialisé.
Il convient de noter une nuance importante : Tapputi est souvent présenté comme « le premier parfumeur au monde », mais cela signifie le plus ancien dont le nom propre a été conservé , et non que la parfumerie n’existait pas auparavant (elle existait certainement).
4) Alors… quel était « le premier parfum » ?
Si vous souhaitez une réponse honnête et bien structurée :
- Première préparation aromatique dont la recette ancienne est conservée (très ancienne) : le kyphi , dont la recette est associée au papyrus Ebers (vers 1500 av. J.-C.).
- Premier parfumeur identifié par son nom dans les archives historiques : Tapputi-Bēlet-ekallim (tablettes assyriennes, XIIIe siècle av. J.-C., par exemple KAR 220).
Et si quelqu'un vous demande « juste un » : définissez les critères et soyez clair. Pour un article informatif, Kyphi peut servir de référence, par exemple, en tant que « premier parfum à la recette ancienne », et Tapputi en tant que « premier nez identifié par un nom et un prénom ».
5) Que nous apprennent Kyphi et Tapputi sur la parfumerie moderne ?
La parfumerie a d'abord été une affaire à la fois émotionnelle et fonctionnelle : identité, statut, rituel, purification, séduction, souvenir. Elle n'a pas tellement changé : aujourd'hui, nous recherchons toujours les mêmes choses, mais dans de beaux flacons et avec des formules plus précises.
En réalité, si vous aimez les parfums de caractère (ambre, encens, résines, épices, bois), vous êtes plus proche de l'Égypte et de la Mésopotamie que vous ne le pensez.
FAQ rapide pour les questions fréquentes
Le premier parfum était-il égyptien ou mésopotamien ?
Cela dépend des critères : l’Égypte fournit l’une des plus anciennes recettes (Kyphi, vers 1500 av. J.-C.) et la Mésopotamie/Assyrie le plus ancien parfum conservé avec un nom propre (Tapputi, XIIIe siècle av. J.-C.).
Kyphi était-il un parfum « de peau » ?
Il est principalement connu comme encens/mélange aromatique destiné à être brûlé ou à parfumer les pièces, avec des usages rituels et domestiques.
Tapputi a-t-il inventé le parfum ?
Nous ne pouvons pas l'affirmer. L'affirmation correcte est la suivante : elle est la plus ancienne parfumeuse dont le nom propre soit conservé dans les archives, et qui est associée à des textes techniques sur la parfumerie.



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